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La route du Rhum

La Route du Rhum est une course transatlantique en solitaire à la voile, courue tous les quatre ans, fin octobre début novembre, entre Saint-Malo et la Guadeloupe. Créée en 1978, elle est organisée depuis 2006 par OC Sport Pen Duick. Le record de la traversée est détenu par Francis Joyon, vainqueur en 2018 de la 11e édition sur IDEC Sports en classe Ultime, en 7 jours 14 heures 21 minutes et 47 secondes à une moyenne de 23,95 nœuds lors de sa septième participation à l’épreuve.

Histoire de sa création
Au printemps 1975, Bernard Hass1 alors secrétaire général du Syndicat des producteurs de sucre du rhum des Antilles et Florent de Kersauson (frère cadet d’Olivier de Kersauson) déjeunent ensemble rue Arsène Houssaye à Paris. Les deux hommes se sont connus à l’université de Cornell aux États-Unis. Bernard Hass cherche une idée pour relancer la filière du rhum. Florent de Kersauson lui répond : « Mais il faut faire une course à la voile, bien sûr, qui va vers les Antilles, à l’automne ». Bernard Hass et Florent de Kersauson vont naturellement voir Éric Tabarly et Gérard Petipas qui préside alors la société Pen Duick. L’idée d’une course en solo plaît à Éric, mais moins à Gérard qui prépare La Transat en double. Ils vont alors voir Michel Etevenon qui s’occupe de l’Olympia et gère le budget Kriter alors sponsor d’Olivier de Kersauson. À ce moment là, celui-ci s’apprête à participer à la course autour du monde 1975-1976 Financial Times Clipper Race sur Kriter II et Michel Etevenon refuse.
Pierre-Louis de la Rochefoucauld, président de la branche guadeloupéenne du syndicat est lui, enthousiaste et Louis Claverie Castetnau ancien directeur général de l’usine sucrière Darboussier à Pointe-à-Pitre emmène avec lui la majorité des producteurs de Guadeloupe dès 1976. Pour motiver les coureurs, les Guadeloupéens sont généreux et offrent la somme énorme de 500 000 francs de l’époque pour récompenser les six premiers. « Le choix du lieu de départ fait débat » écrit le journaliste et photographe de voile Christian Février, « Les rhumiers penchent pour Bordeaux, port emblématique de l’importation du sucre et du rhum. Florent se bat pour Saint-Malo ». L’idée est aussitôt proposée à l’UNCL et Florent de Kersauson entre au comité où il est chargé des courses océaniques et se charge d’obtenir toutes les autorisations nécessaires. A trois ans de la future course l’essentiel de la course est sur les rails, mais il faut la lancer.
En décembre 1976, les Anglais décident, pour leur courses, de limiter la taille des bateaux à 17,06 mètres. À l’époque Alain Colas vient de participer à la Transat anglaise sur le Club Méditerranée, un quatre-mâts de 72 mètres de long. En réponse à la limitation de l’accès des bateaux de 56 pieds aux courses transatlantiques organisées par les Anglais, Michel Etevenon adoubé par Jacques Goddet annonce dans L’Équipe du 14 décembre 1976, vouloir créer une grande course française sans limitation de taille. Pendant tout l’hiver, il cherche un sponsor pour sa course. Mais n’en trouve pas et commence peu à peu à croire au projet de Bernard Haas et de Florent de Kersauson. Ce dernier a rédigé un premier règlement de course avec la caution technique de l’UNCL, avait l’aval des ministères des sports, de la Défense pour la Marine, des DOM-TOM et de l’Intérieur, restait à obtenir l’autorisation du ministère des Transports. La société Promovoile est alors constituée le 14 mars 1978 par Michel Etevenon et six autres associés, exploitants de sucreries et de distilleries, afin d’organiser une course transatlantique en solitaire prévue tous les quatre ans et appelée Route du Rhum. Dès la première course en 1978, Promovoile a été l’organisatrice de cet évènement sportif, tandis que Florent de Kersauson alors âgé de 28 ans a été le secrétaire général de la course.
Depuis 1990 tous les bateaux vainqueurs ont été conçus par le cabinet d’architectes VPLP design.

Présentation de la course
La Route du Rhum rallie Saint-Malo dans le nord-est de la Bretagne, à Pointe-à-Pitre, chef-lieu et port de la côte est de la Guadeloupe. La ligne de départ est située devant la pointe du Grouin, à Cancale, un peu à l’est de Saint-Malo. Pour permettre aux spectateurs de profiter du début de la course, une marque de parcours devant le cap Fréhel est à laisser à tribord par les voiliers. Pour les mêmes raisons, l’île de la Guadeloupe doit être laissée à bâbord, c’est-à-dire que les coureurs doivent en faire le tour par le nord puis l’ouest (en passant par le canal des Saintes) avant de franchir la ligne d’arrivée devant Pointe-à-Pitre. Sur l’orthodromie – la route théorique la plus courte – le parcours représente une distance à parcourir de 3 510 milles.
Comme toutes les courses en solitaire, cette course est contraire au Règlement international pour prévenir les abordages en mer (RIPAM, en anglais ColReg) qui dit dans sa règle 5 que « tout navire doit en permanence assurer une veille visuelle et auditive appropriée, en utilisant également tous les moyens disponibles qui sont adaptés aux circonstances et conditions existantes, de manière à permettre une pleine appréciation de la situation et du risque d’abordage. »